RÉPARER L’ABSENCE
Partage de méthodologie pour une histoire inversée de la translocation coloniale de patrimoines africains
Appel générique
Résumé
La recherche sur l’histoire des collections africaines coloniales dans les institutions européennes ne peut plus se contenter d’études réalisées à partir de l’Europe, mais devrait recentrer son analyse sur les territoires d’origine et intégrer d’autres récits pour rééquilibrer l’écriture de leur histoire. Les populations africaines souhaitent se réapproprier ces héritages, qui ont été peu exposés et utilisés dans les musées européens. Réparer l’absence vise à partager les expériences de recherches interdisciplinaires sur les translocations culturelles et zoologiques de l’époque coloniale entre l’Afrique et l’Europe, notamment à partir du Cameroun et au Sénégal, en mettant l’accent sur les méthodologies visant à une histoire inversée comprenant la mobilisation des communautés locales, la mise en place de pratiques participatives et inclusives pour co-construire une histoire partagée sur ces héritages.
Le partenariat initial réunit l’université technique de Berlin, qui a porté une recherche autour de l’identification des collections camerounaises dans les musées allemands et leur diffusion au Cameroun, l’association Alter Natives qui expérimente depuis plusieurs années des projets socio-culturels autour de l’histoire de collections africaines présentes dans les musées français, le musée régional de Thiès (Sénégal) et le musée du Centre de Recherche et de Documentation du Sénégal de Saint-Louis (Sénégal), le musée des beaux-arts de Dunkerque, le musée d’histoire naturelle de Lille, mais aussi l’université de Paris 8.
Il démarre à l’automne 2025, par des échanges en visio afin de se rencontrer, de préparer une journée d’études et d’élargir le partenariat. En janvier 2026 seront organisés trois jours de rencontre au Sénégal sur sites et à l’occasion d’une journée d’études à Thiès au Sénégal permettant d’échanger sur ces méthodologies et d’une exposition d’une collection coloniale de Dunkerque présentée au Sénégal. Au printemps 2026, une rencontre à Berlin permettra d’échanger devant diverses collections, de reprendre les présupposés méthodologiques et de préparer une publication issue des actes de la journée d’étude, qui sera accessible en ligne au plus grand nombre et largement diffusée.
Réparer l’absence vise ainsi à la mise en réseau de partenaires du Nord et du Sud sur ces méthodologies et les retombées attendues du projet sont multiples : une meilleure connaissance des collections africaines et de leurs circulations, la création d’outils communs (bibliographie partagée, terminologie harmonisée, bonnes pratiques) et la mise en place d’un réseau international de chercheurs, de professionnels et d’acteurs locaux. Ce travail favorise une restitution symbolique et intellectuelle du patrimoine africain et contribue à une histoire partagée et équilibrée du passé colonial entre l’Afrique et l’Europe.
Durée
12 mois