Acquisitions de biens culturels en contexte colonial. Une contre-enquête franco-germano-malienne.
Les provenances d’objets « Bamana » du Soudan Français (Mali) entre 1880 et 1914
Chéhibou Coulibaly et Hélène Ivanoff reviennent, dans ce numéro, sur les « contre-enquêtes » franco-germano-maliennes menées dans une démarche collaborative et inclusive par le projet PROBAMA. L’équipe franco-germano-malienne s’inscrit dans la continuité directe de la méthode mise en œuvre pour l’exposition « Mission Dakar-Djibouti [1931-1933] : Contre-enquêtes » faisant la part belle à la recherche de provenance en donnant la parole aux chercheurs du continent africain et aux populations locales, montrant en plein jour la mémoire encore vive du colonialisme1. L’originalité et l’exemplarité de PROBAMA résident dans l’élargissement – indispensable – de cette méthode à une coopération inédite entre musées et institution de recherche européens et musée africain.
PRovenances d’Objets BAmana du Soudan Français (MAli) entre 1880 et 1914 : un projet franco-germano-malien
Le projet PRovenances d’Objets BAmana du Soudan Français (MAli) entre 1880 et 1914(PROBAMA) vise à retracer les modalités d’acquisition des objets dits « bambara », faisant aujourd’hui partie des collections du Museum am Rothenbaum. Kulturen und Künste der Welt/ Musée de Rothenbaum. Cultures et arts du monde (MARKK) à Hambourg et du musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris, en collaboration étroite avec le Musée national du Mali à Bamako et l’institut Frobenius à Francfort-sur-le-Main. Les recherches se sont concentrées sur les biens culturels acquis entre 1880 et 1914 sur le territoire du Mali actuel et prioritairement sur les objets représentatifs de la « bamanaya », c’est-à-dire relatifs aux pratiques animistes des Bamananw, des populations qui peuvent s’étendre aujourd’hui au-delà des frontières du Mali mais aussi des territoires qu’elles occupent majoritairement.
Cette contribution met en exergue la co-production, le partage des savoirs et la détermination collective des conditions d’appropriation des collections, enjeux majeurs des recherches de provenances à l’heure des demandes de restitutions de biens culturels issus de contextes de coloniaux. Elle revient sur la méthodologie de l’équipe, associant recherches dans les fonds d’archives, enquêtes de terrain et documentation des collections2. Celle-ci est déterminante pour relever le défi de la recherche de provenances, qui consiste non seulement à se confronter à des sources écrites coloniales souvent partielles et partiales et à des documentations muséales lacunaires mais aussi à collecter des entretiens oraux contemporains, témoignant de la mémoire encore vive de la conquête coloniale du Soudan français.
Des recherches de provenances
Les recherches de provenances ont porté sur environ quatre cent artefacts relevant de la « bamanaya » ou classés « bambara » dans les inventaires du musée d’ethnographie du Trocadéro à Paris et du musée d’ethnographie/Museum für Völkerkunde à Hambourg, qui les ont acquis au tournant du XIXe et du XXe siècle auprès d’explorateurs, d’ethnologues, de militaires, d’administrateurs et de médecins actifs dans le Soudan français, soit une vingtaine de donateurs au total.
La dénomination connotée à l’origine péjorativement de « bambara » a été appliquée à des populations du Soudan français par les commerçants musulmans qui les qualifiaient ainsi d’« infidèles » et mettaient en lumière leur refus d’être dominées et d’être islamisées. Elle a été reprise par les Européens lors de la colonisation, d’où son utilisation dans les critères de catégorisation des collections, l’ethnonyme s’étant imposé dans les inventaires. Aujourd’hui, le terme « bamanan » ou « bamana » (bamananw ou banmana au pluriel) a supplanté celui de « bambara », en adéquation avec le nom que ce peuple, presque totalement converti à l’islam, se donne à lui-même et de la langue qu’il parle. La « bamanaya » renvoie, quant à elle, aux pratiques animistes des Bamananw qui peuvent s’étendre au-delà des territoires occupés majoritairement par ces populations et par-delà les frontières du Mali.
L’objectif de ce projet est d’interroger cette catégorie de « bamanan » et de déconstruire la notion d’ethnie dans la lignée des recherches effectuées par Jean Bazin, de documenter les pratiques de la bamanaya telles que définies par Jean-Paul Colleyn, de comparer les corpus des deux musées et de documenter les modalités d’appropriation de ces biens culturels, de nature souvent religieuses et réservés à des sociétés d’initiation, qui font aujourd’hui partie des collections françaises et allemandes du musée du quai Branly-Jacques Chirac et du MARKK.
Ces biens culturels sont issus de contextes coloniaux différents, provenant d’une part principalement de la conquête coloniale des années 1880 pour les collections françaises dans le cadre d’expéditions militaires, de missions diplomatiques et de recherches scientifiques et d’autre part de l’expédition scientifique de l’ethnologue allemand Léo Frobenius (1873-1938), menée dans le Soudan français, alors colonie sous administration française, entre 1907 et 1909, pour les collections allemandes. Bien qu’apparemment distincts – contexte de guerres coloniales pour le premier et contexte d’administration coloniale française pour le second –, ces collections ethnographiques sont en étroite relation, de par les rivalités coloniales existant entre les deux puissances coloniales française et allemande et la concurrence manifeste que se livrent à l’époque les musées ethnographiques européens dans l’appropriation du patrimoine culturel de l’Afrique subsaharienne.
La recherche de provenances ne se limite pas à la documentation des collections et comme l’écrit Sílvio Marcus de Souza Correa dans l’article qu’il consacre aux « Objets métis et nomades dans la collection d’art africain du musée national des Beaux-arts du Brésil », elle envisage « les collections non comme des ensembles figés d’objets, mais comme des configurations historiques produites par des rapports de pouvoir, des régimes de savoir et des pratiques muséales ». Pour ce faire, les recherches se sont appuyées sur les fonds complémentaires existant dans les différentes institutions impliquées dans ce projet (inventaires, documentations muséales, archives manuscrites, photographiques et graphiques) ainsi que dans les fonds d’archives spécifiques à la période coloniale (Archives nationales, Archives nationales d’Outre-Mer, Service historique de la Défense, Muséum national d’histoire naturelle, Institut de France, Centre d’histoire et d’études des Troupes d’Outre-mer, Archives fédérales allemandes, Archives nationales de Bamako et de Dakar) et à partir des publications des acteurs concernés et de la littérature générale existant sur le sujet.
Ces sources – partielles et partiales – laissent peu de place aux voix africaines dont le discours est sous représenté, voir biaisé, bien que les agentivités africaines y soient cependant évoquées. De nouvelles méthodes d’enquête se sont alors imposées au cœur de ce programme dans le prolongement de ce qui avait été réalisé pour le projet « La Mission Dakar-Djibouti (1931-1933) : Contre-enquêtes » sous la direction de Gaëlle Beaujean, afin d’interroger les mémoires de ces évènements historiques auprès des populations locales contemporaines, de documenter les techniques de fabrication, les usages, les significations et les symboliques liés à ces biens culturels et leurs régimes de propriété à l’époque de leur acquisition.
La méthodologie des contre-enquêtes
Les enquêtes de terrain ont été menées de janvier à mars 2026 par une équipe pluridisciplinaire composée de Chéhibou Coulibaly (enseignant-chercheur à la Faculté d’Histoire et de Géographie, spécialiste du patrimoine culturel et chercheur associé au projet PROBAMA), de Sery Diarra (chef de section guidage au Musée national du Mali), de Souleymane Mallé (vidéaste et infographiste) et d’Issa Coulibaly, chargée de la conduite et de la logistique des déplacements.
La sélection des localités de recherche s’est appuyée sur une analyse croisée des sources écrites, de la présence effective d’artefacts dans les collections muséales et de l’étude des cartes et itinéraires des donateurs connus, dans le but d’enrichir la documentation relative à leur provenance et à leur signification dans leur contexte d’origine. Le village de Daban a ainsi été retenu en raison des sources attestant d’importantes collectes de biens culturels qui y ont été réalisées : l’officier des troupes de marine Louis Archinard (1850-1932) y a saisi de nombreux artefacts, dont une grande partie est associée à des pratiques rituelles, conférant à ce site un intérêt particulier pour l’étude des dynamiques de collecte en contexte colonial. La ville de Ségou a été sélectionnée en vue de conduire une enquête spécifique consacrée aux textiles traditionnels, tels que les bogolans, les tissus et les boubous, en raison de la présence d’un centre spécialisé dédié à la préservation et à la valorisation de ce patrimoine. En outre, l’importance quantitative des pièces textiles au sein des collections étudiées justifie pleinement ce choix. Le village de Koumi, centre majeur du Bélédougou à l’époque coloniale, présente également un intérêt scientifique notable, en raison de sa mention récurrente dans les publications de Léo Frobenius, qui en a rapporté de nombreux biens culturels notamment liés à la circoncision, aux cimiers ciwara ou encore aux danseurs masqués dénommés tiébiléken.
À ces sites initiaux sont venus s’ajouter Ténézala, Ouéléssebougou, Faraba, Kangaba, Kéla et Bamako. Leur intégration dans le dispositif d’étude résulte de la traduction des notes et récits d’expédition de Léo Frobenius, qui ont révélé l’existence d’importantes collectes d’objets rituels à Ténézala, Ouéléssebougou et Faraba. Des collections proviennent aussi des localités de Kangaba et de Kéla, occupées par les troupes coloniales françaises.
Par ailleurs, plusieurs autres localités, notamment Wéssébougou, Djekouma, Sansanding, Wassoulou et Bougouni, avaient initialement été identifiées comme des sites potentiels d’étude. Ces villages n’ont finalement pas fait l’objet de contre-enquêtes, à cause d’un ensemble de contraintes à la fois logistiques, humaines et sécuritaires. En premier lieu, l’absence d’interlocuteurs locaux fiables a constitué un obstacle majeur. À cela se sont ajoutées des contraintes sécuritaires particulièrement préoccupantes : il a été explicitement recommandé à l’équipe d’éviter certaines zones exposées à des risques d’attaques terroristes. Même dans les zones accessibles, les conditions de travail demeuraient strictement encadrées : les déplacements devaient se faire de manière discrète, tout comme les entrées et sorties des villages, la durée de séjour ne pouvait excéder trois jours par site. Enfin, des contraintes financières sont venues restreindre le champ des enquêtes, imposant de prioriser certains sites jugés plus accessibles ou mieux documentés.

Pour conduire ce travail d’enquête, une démarche structurée en trois étapes principales a été adoptée : la prise de contact, la conception des outils et le choix du matériel de travail, la collecte des informations sur le terrain. L’ensemble de ces opérations visait à recueillir un maximum de données relatives à la provenance, à l’usage, aux fonctions et à l’origine des biens culturels, ainsi qu’aux cadres historiques de leur appropriation. Les points de vue des interlocuteurs ont également été recueillis, notamment sur la question de la restitution de biens culturels et sur leur compréhension des notions de bamanan et de bamanaya.
La première étape a consisté à se mettre en rapport avec des spécialistes du monde bamanan afin de recueillir des informations et des orientations susceptibles de faciliter la conduite des enquêtes de terrain. Cette prise de contact avec des personnes ressources sur la base de leur appartenance à la communauté bamanan et de leur niveau de connaissance de cet univers socioculturel a permis de constituer un échantillon qualitatif pertinent, contribuant à assurer un meilleur ancrage de l’équipe dans les villages retenus. Les échanges avec les ressortissants des villages ciblés résidant à Bamako ont été privilégiés, afin de créer et de consolider des liens, tout en bénéficiant de conseils pratiques. Un tuteur a ensuite été identifié dans chaque localité, c’est-à-dire une personne respectée, capable d’introduire l’équipe auprès des détenteurs de savoirs relatifs aux biens culturels étudiés, servant de guide et de conseiller.
Afin de préparer le terrain en amont, ont été ensuite transmises, deux semaines à un mois avant l’arrivée selon les localités, des listes des biens culturels issus des collections du MARKK et du musée du quai Branly-Jacques Chirac, grâce aux ressources réunies par les différents partenaires. Une fois sur place, des visites de courtoisie auprès des notables ont été effectuées pour leur présenter les objectifs de la mission. À cette occasion, conformément aux usages locaux des noix de cola et des frais de civilités ont été offerts.
La seconde étape a consisté à élaborer les outils nécessaires à la collecte des données, notamment un guide d’entretien, et à préparer le matériel de terrain (bloc-notes, dictaphones, appareils photo, téléphones, etc.). L’ensemble des entretiens – individuels ou en groupe – a été enfin filmé, enregistré et photographié avec le consentement libre et éclairé des participants. À cet effet, un document d’autorisation de prise de vue a été signé par les enquêtés. Par cet accord, ces derniers autorisent le Musée national du Mali, le MARKK, le musée du quai Branly-Jacques Chirac et l’Institut Frobenius à exploiter et utiliser les images et vidéos issues des entretiens sur différents supports de communication, dans un cadre professionnel et non commercial.
Un projet franco-germano-malien
Ce projet repose ainsi sur la coopération d’institutions européennes et malienne et la mise en commun des ressources et des compétences. La collaboration a été essentielle pour définir des typologies d’objets, notamment ceux relevant des pratiques de la bamanaya, et identifier les territoires d’où sont issues les collections françaises et allemandes, pour dresser des cartes précises et détaillées des expéditions ou des chronologies des conflits, pour traduire les sources dont la majorité sont en langue allemande pour ce qui concernent les collections rassemblées par l’ethnologue Léo Frobenius et enfin pour consulter les fonds d’archives conservés en France, en Allemagne, mais aussi au Mali et au Sénégal.
Les deux corpus des collections allemandes et françaises réunis ont permis aussi des éclairages mutuels et réciproques sur les techniques de fabrication, les usages et les significations de ces biens culturels, les catégorisations et les pratiques de collecte de chaque musée, renseignant sur les divergences ou les similitudes des contextes d’appropriation, des acteurs impliqués dans le parcours de ces artefacts et des sciences mobilisées dans le cadre de la constitution des collections ethnographiques européennes. Ils ont aussi mis en évidence les rivalités et concurrence à l’œuvre entre les deux puissances coloniales, française et allemande, pour s’approprier le patrimoine culturel de l’Afrique subsaharienne.
Les contre-enquêtes sont venues en outre combler les lacunes des sources écrites, parfois partielles voire erronées, sur les techniques de fabrication et les usages des biens culturels, qui pour certains ont été immédiatement reconnus et identifiés par les populations locales contemporaines. Elles ont révélé la mémoire encore vive des affrontements coloniaux, qui ont opposé des villages voisins en raison du soutien qu’ils ont pu apporter ou refuser aux troupes coloniales françaises dans la conquête du Soudan français et les difficultés d’obtenir des témoignages précis sur ce sujet, par peur de réveiller d’anciennes querelles entre localités proches ou entre familles dans le même village. Elles ont conduit à l’identification d’intermédiaires locaux, interprètes, rois et Famas, souvent invisibilisés dans les sources écrites. Elles ont enfin mis en exergue le caractère religieux et sacré de certains artefacts conservés aujourd’hui à Paris et à Hambourg.

Au-delà de ce partage des ressources et de cette co-production des savoirs, le programme PROBAMA a surtout été le lieu d’échanges sur les pratiques de collectes et les modalités d’acquisition de ces biens culturels provenant des territoires de l’actuel Mali, les législations du patrimoine existantes à l’époque et aujourd’hui, les régimes de propriété de ces biens culturels sur leur territoire d’origine et en Europe, notamment lors de rencontres intermédiaires organisées à Berlin en avril 2025, à Francfort en septembre 2025 et à Hambourg en juin 2026. Il a créé un espace de réflexion et de discussion pour définir les contextes d’appropriation et les qualifier de pillage sur les champs de bataille, de butin de guerre, de réquisition effectuée par l’administration française, de cadeaux diplomatiques ou amicaux, d’échanges ou de vente sous la contrainte ou de transaction commerciale volontaire. Les champs provenance des deux collections, française et allemande, ont été précisés et complétés de façon collective et la biographie des acteurs concernés établie, alors que la majorité d’entre eux était totalement inconnue au début du programme de recherches côté français.
Une distinction très claire a pu été faite entre les contextes coloniaux concernés selon les biens étudiés, les acteurs et les périodes analysés. Il est à noter que si la période de conquête coloniale des années 1880 a recueilli une attention toute particulière, compte-tenu du contexte de violence dans lequel ces collections ethnographiques ont été constituées, la période d’administration coloniale française à partir de 1895 est aussi une situation d’oppression dans laquelle des transactions et des échanges ont pu avoir lieu sous la contrainte. Le simple statut des acteurs – militaires et scientifiques par exemple – ne suffit pas pour déterminer les modalités d’acquisition des biens culturels issus de contextes coloniaux : certains militaires ont pu constituer des collections sans pour autant qu’elles proviennent des champs de bataille et des ethnologues ont aussi obtenu des biens culturels en usant de leur prestige d’Européen et du soutien de l’administration coloniale française. Les populations bamananw ont en outre joué un rôle parfois ambivalent dans la conquête coloniale du Soudan français, participant ou résistant à l’établissement du pouvoir colonial français, par opposition à l’Empire d’Ahmadou Tall ou à celui de Samory Touré, selon les temporalités et les localités. Enfin certains biens culturels issus du Soudan français proviennent de territoires qui ne correspondent pas au Mali actuel, mais par exemple à la Guinée, au Sénégal ou au Burkina Faso. La prudence et le dialogue entre parties concernées autour des conclusions et des interprétations des faits historiques s’imposent donc comme un corollaire indissociable des recherches de provenances.
La coopération entre les institutions française, allemande et malienne s’est avérée en somme essentielle pour conduire des recherches de provenances sur les collections relevant de la bamanaya des deux musées français et allemand et mettre à disposition du musée national du Mali des ressources sur le patrimoine culturel malien aujourd’hui conservé en Europe. Les contre-enquêtes menées sur le terrain ont éclairé d’un nouveau jour les inventaires et documentations muséales, venant compléter la consultation et l’analyse des sources écrites classiques. Elles ont apporté des témoignages cruciaux sur la signification et les symboliques que revêtent ces collections pour les sociétés contemporaines du Mali. Les résultats seront bientôt accessibles sur les sites internet et bases de données des deux musées européens. Le programme PROBAMA a créé un espace de partage, de co-production des savoirs et de concertation entre institutions européennes et malienne, qui est appelé à se maintenir et à ouvrir de nouvelles perspectives au-delà de ce projet.
Chéhibou Coulibaly est docteur et enseignant-chercheur à l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB). Spécialiste du patrimoine culturel malien, il allie enseignement (histoire de l’art, archéologie, muséologie) et recherche scientifique de haut niveau. Ses travaux actuels se concentrent sur la protection du patrimoine national ainsi que sur l’étude de provenance des biens culturels maliens détenus dans les collections internationales, un sujet au cœur des enjeux culturels contemporains.
Hélène Ivanoff est agrégée et docteure en histoire et civilisations de l’École des hautes études en sciences sociales, historienne et historienne de l’art spécialisée dans les relations artistiques et culturelles entre la France et l’Allemagne. Chercheuse de provenances indépendante, elle mène des recherches pour des musées et des particuliers sur les biens culturels spoliés pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi que sur les collections issues de contextes coloniaux. Elle a également été sollicitée en qualité d’experte dans le cadre de procédures de restitution de biens culturels. Ses travaux ont donné lieu à plusieurs publications consacrées au marché de l’art, à l’histoire de l’ethnologie et aux questions de provenance des collections.
- « Mission Dakar-Djibouti [1931-1933] : Contre-enquêtes », exposition, Paris, musée du quai Branly-Jacques Chirac, 15 avril-14 septembre 2025.
↩︎ - Le programme a été coordonné par Benoît de l’Estoile, directeur du département de la recherche au musée du quai Branly-Jacques Chirac, mettant en relation des institutions malienne, française et allemandes complémentaires. Les recherches dans les archives et sur le terrain ont été conduites par Chéhibou Coulibaly au Sénégal et au Mali sur les conseils de Daouda Keïta, directeur du musée national du Mali et par Hélène Ivanoff en France et en Allemagne, en partenariat avec Gaëlle Beaujean pour le musée du quai Branly-Jacques Chirac et Aziz Sandja pour le MARKK, sous la tutelle de Barbara Plankensteiner, directrice de ce musée. L’Institut Frobenius à Francfort-sur-le-Main a été un partenaire essentiel par l’entremise de Richard Kuba, qui a rassemblé les ressources, transcrit et traduit des sources manuscrites et publiées en langue allemande vers le français et élaboré des cartes. Voir la fiche projet sur le site du fonds de provenance : https://provenanceresearchfund.org/fr/projects/probama/ ↩︎