{"id":2022,"date":"2025-10-28T13:34:45","date_gmt":"2025-10-28T12:34:45","guid":{"rendered":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/n1-arts-dafrique-deterritorialisations-reterritorialisations\/"},"modified":"2026-05-05T17:50:44","modified_gmt":"2026-05-05T15:50:44","slug":"n1-arts-dafrique-deterritorialisations-reterritorialisations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/n1-arts-dafrique-deterritorialisations-reterritorialisations\/","title":{"rendered":"Arts d\u2019Afrique : d\u00e9territorialisations-reterritorialisations"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>(c) Centre Marc Bloch 2024, Photo: Simon Brunel, Atelier Limo <\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Pour Souleymane Bachir Diagne, s\u2019il est un lieu o\u00f9 l\u2019humanit\u00e9 se donne \u00e0 voir \u00e0 elle-m\u00eame comme universalit\u00e9 plurielle, c\u2019est le mus\u00e9e. Sans jamais occulter la construction historiquement violente des mus\u00e9es,\u00a0il invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir depuis ce qu\u2019ils sont aujourd\u2019hui\u00a0: des lieux d\u2019\u00e9ducation, appel\u00e9s \u00e0 reconfigurer les formes contemporaines du partage des biens culturels. Pour le philosophe, le mus\u00e9e est un espace de circulations de significations en mouvement, o\u00f9 se r\u00e9invente une universalit\u00e9 plurielle, entendue comme h\u00e9ritage et comme horizon commun en devenir. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Arts d\u2019Afrique : d\u00e9territorialisations-reterritorialisations<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Terroirs, exils et significations <a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le titre de ma conf\u00e9rence, \u00ab&nbsp;Arts d\u2019Afrique : d\u00e9territorialisations-reterritorialisations&nbsp;\u00bb, vise \u00e0 mettre en avant l\u2019importance de la notion de terroir. Parler du terroir d\u2019un objet africain ne consiste pas seulement \u00e0 \u00e9voquer son lieu g\u00e9ographique de provenance, mais aussi la cosmologie qui est \u00e0 l\u2019origine de sa cr\u00e9ation. Le terroir se compose donc du territoire et de la cosmologie, ou vision du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je veux parler de l\u2019arrachement des objets africains de leur terre d\u2019origine en termes de d\u00e9territorialisation pour indiquer justement qu\u2019il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019un d\u00e9placement, mais bien d\u2019un v\u00e9ritable exilhors du terroir dans lequel ils puisent leur signification. C\u2019est du terroir, et donc de la cosmologie qu\u2019ils expriment et dont ils sont le langage visuel, que les objets se trouvent coup\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre que j\u2019ai consacr\u00e9 \u00e0 L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, intitul\u00e9 <em>L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor. L\u2019art africain comme philosophie <\/em><a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a>, proposait de comprendre la pens\u00e9e de Senghor avant tout comme philosophie des arts africains. Lorsque Senghor est arriv\u00e9 en France, il passait pratiquement chaque semaine au mus\u00e9e du Trocad\u00e9ro pour voir les objets d\u2019art africains. Cette inspiration lui est rest\u00e9e. Il s\u2019agissait alors pour moi de comprendre sa lecture des objets d\u2019arts comme une v\u00e9ritable herm\u00e9neutique du langage pour construire la philosophie qu\u2019ils traduisent. Les objets d\u2019art expriment une philosophie dans leur propre langage plastique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce livre et cette id\u00e9e sont \u00e0 l\u2019origine de ma rencontre avec l\u2019\u00e9crivain et \u00e9conomiste Felwine Sarr et l\u2019historienne de l\u2019art B\u00e9n\u00e9dicte Savoy, alors qu\u2019ils consultaient largement la communaut\u00e9 scientifique et les professionnels des mus\u00e9es sur les diff\u00e9rentes dimensions de la restitution telle qu\u2019elle fut relanc\u00e9e par le pr\u00e9sident Emmanuel Macron en 2017. Leur int\u00e9r\u00eat pour cette id\u00e9e d\u2019objets porteurs d\u2019une vision du monde, qu\u2019ils ont plac\u00e9e au c\u0153ur de leur r\u00e9flexion, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant pour prendre toute la mesure de ce que signifie le patrimoine \u00e0 restituer. Il l\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi pour prendre toute la mesure de la violence symbolique des d\u00e9territorialisations.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9territorialisations<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9tablir la provenance des objets qui se sont ainsi retrouv\u00e9s dans les mus\u00e9es europ\u00e9ens, puis occidentaux plus g\u00e9n\u00e9ralement, demande ainsi de revenir aux faits d\u2019histoire et de se confronter au pass\u00e9 colonial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi en est-il de l\u2019exp\u00e9dition Dodds, saint-louisien, m\u00e9tis et signare, qui a mis fin au royaume du Dahomey fond\u00e9 au XVII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle sous le r\u00e8gne du roi B\u00e9hanzin. Le g\u00e9n\u00e9ral a men\u00e9 de 1892 \u00e0 1894 la conqu\u00eate, commenc\u00e9e d\u00e8s 1890, qui s\u2019est achev\u00e9e par la d\u00e9faite suivie de la mise \u00e0 sac du royaume. L\u00e0 se trouve l\u2019origine des vingt-six pi\u00e8ces qui sont pass\u00e9es du mus\u00e9e du Trocad\u00e9ro aux collections du mus\u00e9e du Quai Branly-Jacques Chirac, avant d\u2019\u00eatre restitu\u00e9es en 2021 au B\u00e9nin, \u00e0 la suite de l\u2019engouement qu\u2019avait suscit\u00e9 un premier pr\u00eat. Citons aussi le sabre d\u2019El Hadj Oumar Tall (m. 1864) restitu\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal, expos\u00e9 au mus\u00e9e des Civilisations Noires de Dakar. Les pi\u00e8ces connues comme les \u00ab&nbsp;Bronzes du B\u00e9nin&nbsp;\u00bb, quand bien m\u00eame ces pi\u00e8ces ne sont pas toutes en Bronze et alors que le royaume du B\u00e9nin se trouvait dans le Nig\u00e9ria actuel, constituent un exemple saisissant. Ils proviennent d\u2019une exp\u00e9dition coloniale britannique men\u00e9e en 1897. Cette exp\u00e9dition punitive avait pour objectif la destruction, en combinant incendies et pillages. L\u2019Oba fut destitu\u00e9 et les \u00ab&nbsp;bronzes&nbsp;\u00bb pris comme butin de guerre. Cependant, l\u2019art de ceux qu\u2019on ne pouvait plus tenir pour des \u00ab&nbsp;sauvages sans culture&nbsp;\u00bb n\u2019a pas manqu\u00e9 de susciter un certain \u00e9merveillement. Aujourd\u2019hui encore, il s\u2019agit du plus pr\u00e9cieux des tr\u00e9sors africains, auquel on s\u2019accroche quand il est question de restitution. Un tel contexte donne tout son sens au geste du gouvernement allemand de restituer ces \u00ab&nbsp;bronzes&nbsp;\u00bb au Nig\u00e9ria et d\u2019inscrire l\u2019op\u00e9ration dans un projet de coop\u00e9ration culturelle et mus\u00e9ale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La provenance, une justice en deux sens<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ces cas-l\u00e0, il est ind\u00e9niable que ce patrimoine est un butin de guerre. La question de la provenance est simple. Cependant, il y a aussi de faux achats derri\u00e8re lesquels la violence coloniale se profile. Cette histoire a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9e dans <em>L\u2019Afrique fant\u00f4me <\/em>de Michel Leiris, retra\u00e7ant le parcours d\u2019un ethnologue venu en pays Dogon, et tomb\u00e9 amoureux de l\u2019un de ses f\u00e9tiches. Face aux protestations de la population lorsqu\u2019il s\u2019empare de cet objet, il s\u2019est content\u00e9 de leur jeter quelques pi\u00e8ces en guise d\u2019achat. Certains de nos coll\u00e8gues, des chercheurs, ont ainsi simplement pr\u00e9tendu \u00eatre guid\u00e9s par l\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique. Mais, derri\u00e8re leur science se profilait toute la fosse de l\u2019administration coloniale. Ce faux achat n\u2019a pu avoir lieu que parce qu\u2019il s\u2019adossait \u00e0 une violence coloniale structurelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais, en troisi\u00e8me lieu, il y a aussi de vrais achats. Il ne faut pas tomber dans l&#8217;id\u00e9e simpliste selon laquelle si un objet se retrouve aujourd&#8217;hui dans un mus\u00e9e en Occident, c&#8217;est qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9 par des moyens violents et ill\u00e9gaux. Il y a \u00e9videmment des objets dont on sait parfaitement qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 obtenus par une violence plus ou moins ouverte, en tout cas symbolique, dans le cadre du colonialisme. N\u00e9anmoins, l\u2019espace colonial n\u2019\u00e9tait pas simplement un espace mettant face \u00e0 face des colonisateurs brutaux et des colonis\u00e9s opprim\u00e9s. Il fut aussi un espace d\u2019\u00e9change et de transaction, un \u00ab&nbsp;troisi\u00e8me espace&nbsp;\u00bb selon l\u2019expression d\u2019Homi Bhabha, au sein duquel se sont rencontr\u00e9es diff\u00e9rentes cultures. Certains objets ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitimement acquis par leur nouveau propri\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, la question de la provenance est une question de justice en deux sens. Il s\u2019agit d\u2019abord \u00e9videmment de r\u00e9parer la violence coloniale qui a s\u00e9vi, et a expliqu\u00e9 la pr\u00e9sence d\u2019un certain nombre d\u2019objets dans les collections europ\u00e9ennes. Mais, il s\u2019agit aussi de rendre justice \u00e0 ceux qui ont acquis des objets de la mani\u00e8re la plus l\u00e9gitime, et qui ont besoin que cette l\u00e9gitimit\u00e9 soit reconnue. C\u2019est ainsi qu\u2019il faut comprendre notre mission.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Reterritorialisations<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s\u2019agit d\u00e9sormais de bien comprendre cette notion de reterritorialisation. Comment reterritorialiser apr\u00e8s avoir d\u00e9territorialis\u00e9 ? Une fois que la restitution a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e, o\u00f9 faut-il ramener ces objets&nbsp;? La question n\u2019est pas simple. Le palais du roi B\u00e9hanzin, pill\u00e9 par l\u2019exp\u00e9dition Dodds, n\u2019existe plus. La proposition de ramener les \u00ab&nbsp;bronzes du B\u00e9nin&nbsp;\u00bb au palais de l\u2019Oba fut quant \u00e0 elle l\u2019objet de controverses. On ne peut pas seulement consid\u00e9rer l\u2019op\u00e9ration de restitution comme le retour de l\u2019objet \u00e0 son lieu d\u2019origine, et par l\u00e0 comme la simple annulation d\u2019une premi\u00e8re op\u00e9ration de transfert violent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous pouvons alors envisager que ces objets se retrouvent dans un mus\u00e9e national. Leur reterritorialisation prend ainsi la forme d\u2019un partage plus large que celui de la signification qu\u2019ils ont eue dans les terroirs o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s. Voil\u00e0 des questions importantes qui se posent aux \u00c9tats, mais aussi aux chercheurs, et qui vont probablement appara\u00eetre dans nos r\u00e9flexions, nos travaux, au sein de notre conseil scientifique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a plusieurs mani\u00e8res de voir l&#8217;importance que la restitution peut avoir. Il y a, par exemple, pour des pays o\u00f9 ces objets manquent v\u00e9ritablement parce qu\u2019ils avaient des fonctions importantes dans la soci\u00e9t\u00e9. Ici en Allemagne, on se souvient de cette sc\u00e8ne symbolique du sultan du Bamoun s\u2019asseyant sur le tr\u00f4ne de ses anc\u00eatres expos\u00e9 dans un mus\u00e9e allemand. Ce tr\u00f4ne a vocation probablement \u00e0 retourner au Cameroun. Les pays africains doivent pouvoir se doter, comme tous les pays, d&#8217;infrastructures mus\u00e9ales et montrer leur propre patrimoine, d&#8217;abord \u00e0 eux-m\u00eames afin de (re)d\u00e9couvrir et de se r\u00e9approprier ce patrimoine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Objets nomades, une \u00e9thique du passage<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les d\u00e9territorialisations, les ouvertures de terroirs, ne se sont pas produites uniquement dans le contexte colonial. Sur le continent africain, des d\u00e9territorialisations chr\u00e9tiennes et islamiques ont \u00e9galement eu lieu, entra\u00eenant des transformations des lieux de naissance des objets, qui ne sont d\u00e9sormais plus les m\u00eames. Il faut surtout tenir compte du fait que ces objets d\u00e9territorialis\u00e9s n\u2019ont pas perdu de leur signification. Ils ont \u00e9galement acquis des significations nouvelles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">B\u00e9n\u00e9dicte Savoy et Felwine Sarr ont donn\u00e9 une place tr\u00e8s importante au discours tenu par le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Unesco, Amadou-Mahtar MBow, dans lequel il rappelle la chose suivante&nbsp;: ces objets d\u2019art sont comme des rhizomes, et ont d\u00e9velopp\u00e9 des racines partout o\u00f9 ils sont pass\u00e9s. Ils n\u2019en sont pas moins enracin\u00e9s en Europe o\u00f9 ils se sont trouv\u00e9s \u00e0 un moment donn\u00e9, qu\u2019en cette Afrique qui leur avait donn\u00e9 une signification. Ils sont devenus des objets nomades. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s attentif au sous-titre de leur rapport, intitul\u00e9 : \u00ab&nbsp;Vers une nouvelle \u00e9thique relationnelle \u00bb. C\u2019est dans cette perspective qu\u2019il faut comprendre le r\u00f4le de ces objets appel\u00e9s \u00e0 mat\u00e9rialiser une nouvelle relation entre le Nord et le Sud. Dans un texte sur la restitution, je les ai qualifi\u00e9s d\u2019objets mutants, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019objets qui ont vocation \u00e0 garder leur signification nomade. Ils ont tenu d\u2019autres langages, ont parl\u00e9 \u00e0 Pablo Picasso et \u00e0 Andr\u00e9 Derain, et ont inspir\u00e9 les r\u00e9volutions du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dans les arts contemporains. Ces objets, et c&#8217;est la position philosophique que je d\u00e9fends, ont vocation \u00e0 unir, \u00e0 tisser des liens avec l&#8217;Afrique, un continent qui de nos jours demande des partenariats d&#8217;\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal. Il est important que la restitution des objets d&#8217;art soit le symbole de ce partenariat nouveau, de cette relation \u00e9mergeante que l&#8217;Europe veut \u00e9tablir avec l&#8217;Afrique au-del\u00e0 du contentieux colonial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Souleymane Bachir Diagne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Souleymane Bachir Diagne <\/strong>est<strong> <\/strong>professeur de philosophie et d\u2019\u00e9tudes francophones \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Columbia (New York). N\u00e9 \u00e0 Saint-Louis du S\u00e9n\u00e9gal, il a enseign\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar puis \u00e0 Northwestern University avant de s\u2019installer aux \u00c9tats-Unis. Pr\u00e9sident du <strong>Conseil scientifique du Fonds de provenance franco-allemand,<\/strong> il participe \u00e0 la r\u00e9flexion collective sur la cr\u00e9ation d\u2019un dialogue culturel international. Ses propres travaux philosophiques sur la traduction, ainsi que sur l\u2019\u00e9laboration d\u2019un nouvel universalisme d\u00e9centr\u00e9 en constituent des jalons essentiels.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cet article est tir\u00e9 de la conf\u00e9rence inaugurale prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion du lancement du fonds franco-allemand de recherche sur la provenance des objets d\u2019Afrique subsaharienne, le 19 janvier 2024 au Centre Marc Bloch \u00e0 Berlin. L\u2019auteur remercie Margaux Souyris et Anouk Rogel pour l\u2019\u00e9dition de ce texte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Souleymane Bachir Diagne, <em>L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor. L\u2019art africain comme philosophie<\/em> (2007), Paris, Riveneuve, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bibliographie &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jack BERESFORD,<\/strong> \u00ab <em>African King Visiting European Museums Sits on Throne Taken from Ancestor<\/em> \u00bb, <em>Newsweek<\/em>, 16 juin 2023.<br>Disponible en ligne : <a href=\"https:\/\/www.newsweek.com\/african-king-visiting-european-museum-sits-throne-1807222\">newsweek.com\/african-king-visiting-european-museum-sits-throne-1807222<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Homi K. BHABHA<\/strong>, <em>Les Lieux de la culture. Une th\u00e9orie postcoloniale<\/em> (1994), Paris, Payot, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Souleymane Bachir DIAGNE<\/strong>, <em>L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor. L\u2019art africain comme philosophie<\/em> (2007), Paris, Riveneuve, 2019.<br>\u2013 \u00ab <em>Mus\u00e9e des mutants<\/em> \u00bb, <em>Revue Esprit<\/em>, n\u00b0 7, juillet-ao\u00fbt 2020, dossier <em>Depuis l\u2019Afrique<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Michel LEIRIS<\/strong>, <em>L\u2019Afrique fant\u00f4me<\/em> (1934), Paris, Gallimard, 1988.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Amadou-Mahtar MBOW<\/strong>, <em>Pour le retour, \u00e0 ceux qui l\u2019ont cr\u00e9\u00e9, d\u2019un patrimoine culturel irrempla\u00e7able. Appel du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UNESCO<\/em>, Paris, 7 juin 1978.<br>Disponible en ligne : <a href=\"https:\/\/unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000035390_fre\">unesdoc.unesco.org\/ark:\/48223\/pf0000035390_fre<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Thomas ROGERS<\/strong>, <strong>Rahila LASSA, <\/strong><strong>et Alex MARSHALL, <\/strong>, \u00ab <em>How Germany Changed Its Mind, and Gave the Benin Bronze Back<\/em> \u00bb, <em>The New York Times<\/em>, 20 d\u00e9cembre 2022.<br>Disponible en ligne : <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/12\/20\/arts\/benin-bronzes-nigeria-germany.html\">nytimes.com\/2022\/12\/20\/arts\/benin-bronzes-nigeria-germany.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Felwine SARR<\/strong> et <strong>B\u00e9n\u00e9dicte SAVOY,<\/strong> <em>Restituer le patrimoine africain. Vers une nouvelle \u00e9thique relationnelle<\/em>, Paris, Seuil, 2018.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour Souleymane Bachir Diagne, s\u2019il est un lieu o\u00f9 l\u2019humanit\u00e9 se donne \u00e0 voir \u00e0 elle-m\u00eame comme universalit\u00e9 plurielle, c\u2019est le mus\u00e9e. Sans jamais occulter la construction historiquement violente des mus\u00e9es,\u00a0il invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir depuis ce qu\u2019ils sont aujourd\u2019hui\u00a0: des lieux d\u2019\u00e9ducation, appel\u00e9s \u00e0 reconfigurer les formes contemporaines du partage des biens culturels. Pour le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":819,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":["post-2022","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-imprints"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2022","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2022"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2022\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2023,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2022\/revisions\/2023"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/819"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/provenanceresearchfund.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}